2006-05-30

L'apprentissage cooperatif

LA COOPĒRATION EN ĒDUCATION !




Selon JOHNSON (1994) il existe trois façons de voir l’apprentissage. La première façon est axée sur la compétition où l’atteinte d’un objectif se fait au détriment d’un autre individu. La deuxième façon, centrée plutôt sur l’individualisme prône l’obtention d’un objectif sans se soucier de l’autre. Et finalement la dernière façon encourage la coopération permettant d’atteindre un objectif commun à tous. Cet article traitera de cette dernière approche qui est l’apprentissage coopératif. Selon plusieurs recherches théoriques et pratiques étudiées sur le sujet, la coopération en milieu scolaire semble fonctionner peu importe le niveau, le sujet et la tâche.

L’apprentissage coopératif a pour but d’améliorer la réussite des étudiants. Ce type d’apprentissage vise un travail en petit groupe d’élèves qui s’efforce d’atteindre un objectif commun. Le travail est réparti de façon égale entre les membres du groupe. Cette pédagogie coopérative incite les étudiants à échanger leurs idées entre eux. Ils peuvent ainsi discuter et comparer leurs façons d’apprendre et comprendre la matière d’un cours. Cette approche améliore l’apprentissage chez l’élève en soutenant le transfert des connaissances. Selon AYLWIN (1994), si le travail en équipe est bien structuré, il devient une source de motivation pour les élèves. Il favorise les apprentissages en profondeur et permet de respecter la diversité des élèves.



Sept composantes d’un travail coopératif


1. Le rôle de l’enseignant


Le rôle de l’enseignant dans cette situation est diversifié. Expert en sa matière, il devient aussi une personne-ressource, un observateur et un falicitateur. Dans le cadre d’une étude, il a été démontre que 65% des interventions verbales durant un cours proviennent de l’enseignant. De plus 70 % de ses interventions sont des consignes, des informations, et des questions précises sans développement. Donc ou est la place de l’étudiant dans tout cela? Dans un cadre coopératif, 75% des interventions de l’enseignant sont plutôt des questions ouvertes et à développement. L’enseignant doit, tout en gardant le contrôle de la situation, apprendre à faire confiance à ses élèves. L’enseignant ne doit pas intervenir trop vite dans les équipes. Les étudiants doivent apprendre à régler leurs problèmes. Avec cette nouvelle approche pédagogique, l’enseignant n’est plus le "maître" mais plutôt un accompagnateur qui aide les élèves à bâtir leurs connaissances. Bref, un cadre coopératif permet à l’enseignant de changer son rôle et son approche en tant que pédagogue.

2. Le regroupement des élèves

Pour débuter l’activité, l’enseignant doit former les équipes. Ces regroupements peuvent être faits au hasard ( jeu de carte), selon les affinités( avec les amis), ou la proximité(voisin de classe) et enfin par champs d’intérêt (biologie). Le regroupement idéal en apprentissage coopératif respecte une certaine hétérogénéité. C’est pourquoi l’enseignant se garde toujours le droit d’effectuer des changements dans les équipes. Si une équipe est non-fonctionnelle, l’enseignant se devra alors d'intervenir. Ce droit d’intervenir, l’enseignant devra informer les élèves avant la formation des groupes. Pour obtenir un groupe hétérogène, les différentes forces de niveau scolaire des filles et des garçons seront équilibrées tout en tenant compte des personnalités et des diversités culturelles et linguistiques également.


3. La taille des équipes

Le nombre idéal pour former une équipe est de 4. Ce nombre permet de maximiser les interactions. Un nombre impair (3 ou 5) d’étudiants n’est pas recommandé car on tend à isoler ou à ignorer le troisième ou le cinquième élève. Finalement, plus l’équipe est nombreuse, plus il devient difficile de la gérer. Il est recommandé de faire des équipes de 2 si les participants sont peu autonomes ou indisciplinés. Un étudiant non coopératif obtiendra comme conséquence l’isolement ayant à compléter le travail seul. Les équipes de petite taille (2) s’avèrent excellentes lors de tâche simple à effectuer ou pour une tâche très courte s’échelonnant sur quelques jours à une semaine. Une équipe de plus grande taille est tout indiquée cependant lors de travaux complexes à faire sur une longue période de quelques semaines. On utilisera l’expression, groupe de base (GdeB), lors d’une formation d’équipe pour une longue période. Il y a plusieurs raisons de croire à l’utilité aux GdeB
( voir tableau suivant) :


Pourquoi les groupes de base?
· Routines aident à établir un sentiment de continuité, de familiarité et de sûreté
· Développe un sens d’appartenance au groupe plutôt qu’avec l’enseignant.
· Facilite une décentralisation du contrôle des routines de base.
· Oblige les membres à reconnaître leurs différences et les résultats qui en découlent.
· Partager expériences et valeurs dans la création d’un nouveau système commun.
· Partage de problèmes extra-scolaires.



4. L’importance d’assigner des rôles

Pour obtenir un bon fonctionnement au sein d’une équipe, il devient primordial d’assigner des rôles. De cette façon, on s’assure d’une bonne répartition du travail à réaliser, ainsi qu’une meilleure participation de la part de chaque membre de l’équipe. De façon générale, il existe 4 rôles types en apprentissage coopératif : le responsable du temps, le responsable du matériel, l 'animateur de la discussion et finalement le secrétaire. Les rôles peuvent être assignés par l’enseignant ou par l’équipe elle-même. Une équipe bien équilibrée et mature n’aura aucun problème à déterminer la responsabilité de chacun. Dans les 2 situations on s’assurera d’une rotation afin que les étudiants puissent se familiariser avec chacun des rôles.


5. L’interdépendance positive et la responsabilité individuelle

L’apprentissage coopératif se fonde sur deux principes fondamentaux qui consiste en l’interdépendance positive et la responsabilité individuelle. L’interdépendance positive est présente dans une équipe lorsque tous les étudiants ont le même objectif et qu’ils se soutiennent les uns les autres dans leurs apprentissages. Ce n’est qu’en s’entraidant que cela sera possible car l’objectif ne peut être atteint individuellement. La responsabilité individuelle est plutôt lorsque les élèves se sentent responsables de leur apprentissage et de la réussite de l’équipe.

6. Les habiletés cognitives et coopératives

L’enseignant discute des habiletés de coopération avec les étudiants. Ces habiletés aideront les élèves à améliorer leurs relations interpersonnelles et par le fait même augmenter les chances de succès d’une équipe à bien fonctionner ensemble. Parler à voix basse, attendre son tour, lever la main pour prendre la parole, l’écoute active, encourager, partager ses idées etc. sont des habiletés pour un bon fonctionnement au sein d’une équipe.



7. L’objectivation

Chaque élève doit évaluer son fonctionnement au sein du groupe régulièrement. Cela permet à l’équipe de renforcer ce qui est bien et d’identifier les points faibles c’est à dire les éléments à améliorer. Il existe des grilles d’évaluation de l’objectivation. Ces grilles sont offertes à chaque membre de l’équipe et cet outil d’évaluation permet de mieux comprendre son propre rôle au sein de l’équipe. L’enseignant devra faire objectiver les élèves sur leur fonctionnement dans l’équipe et devra donner aux élèves une rétroaction positive. Cette formule d’évaluation tend à améliorer la dynamique et le respect au sein de l’équipe. Il faut donner du temps a ses élèves. Les premiers essais en apprentissage coopératif sont souvent maladroits; tout le monde est en apprentissage!


Pédagogie du futur!

Auparavant, dans les années 70-80, l’école favorisait les élèves à travailler individuellement en incitant même la compétition. La méthode des calculs des moyennes de classe ne favorisait pas la coopération entre les étudiants. L’enseignant seul à l’avant de la classe, était responsable de l’apprentissage de tous ses élèves. Lors de travail en équipe, le regroupement s’effectuait selon les amis et la réussite était plutôt personnelle.
Maintenant avec cette nouvelle pédagogie coopérative, l’enseignant veut créer plutôt un lieu d’échanges et de coopération. Les équipes formées sont hétérogènes et la réussite est alors collective. L’enseignant a plus de satisfaction à voir la participation active de chacun et plus de temps pour observer les élèves lors du travail d’équipes. De son côté, l’élève développe une meilleure estime de lui-même, une plus grande confiance en ses capacités et une meilleure tolérance aux habiletés différentes.
Avec le Renouveau Pédagogique (réforme 1994), on voulait l’étudiant plus responsable de son apprentissage où il est appelé à construire ses connaissances. Avec cette pédagogie coopérative, nous sommes alors au cœur de cette nouvelle approche par compétence. J’aimerais me permettre d’avancer l’idée que ce type de pédagogie prépare également mieux l’étudiant à la vie en général. L’interaction avec ses pairs, le sentiment d’appartenance, l’utilisation positive des forces différentes des membres de l’équipe ne font qu’enrichir la possibilité de succès et composent bien avec la réalité d’aujourd’hui dans les entreprises. Il est de plus en plus rare pour un professionnel de travailler de façon isolée. Il doit maintenant faire partie d’une équipe, d’un département et d’une entreprise.


France Boily
Etudiante au microprogramme







MEDIAGRAPHIE

Arcand, D. (année inconnue ). L’apprentissage coopératif. {consulté le 15 mai 2006}à l’adresse http://www.tact.fse.ulaval.ca


Aylwin, Ulric. (1994) Le travail en équipe : pourquoi et comment? Pédagogie collégiale, 7(3), 28-32.


Barbeau, Denise.(1997). Tracer les chemins de la connaissance. Montréal AQPC.

Boisvert, I., Larente, I. (2001) La coopération. {consulté le 15 mai 2006} à l’adresse http://www.cooperation.iquebec.com


Chamberland, G., Lavoie, L., Marquis, D.(1995). 20 formules pédagogiques. Presses de l’Université du Québec, Québec.


Coté, L., (2001). La gestion de classe. {consulté le 17 mai 2006}à l’adresse http://www.csaffluents.qc.ca/rmi/pages/gestion-classe2.html


Deschamps, P. (année inconnue). Apprentissage coopératif. {consulte le 17 mai 2006}à l’adresse http://www.cslaval.qc.ca


Guertin, H., (2006). Nous travaillons en équipe. {consulté le 16 mai 2006}à l’adresse http://www.ebsi.umontreal.ca/jetrouve/projet/equipe.htm


Lafferrière, T. (1996). Le travail en équipe.(consulté le 17 mai 2006) à l’adresse http://www.tact.fse.ulaval.ca


Mottet, Martine (2005). Recueil de textes du cours PPA6015, hiver 2005.

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