2006-03-08

Le constructivisme en éducation physique

(c) 2006, Karine Legendre

La socialisation est le processus par lequel l’enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes symboliques et règles de conduite) et s’intègre dans la vie sociale (Le Petit Larousse illustré, 1995). Dans le but de répondre aux attentes de la société, divers paradigmes éducationnels ont été introduites au sein des écoles québécoises. Actuellement, le ministère de l’éducation semble prôner la vision constructiviste comme stratégie d’enseignement.
Le constructivisme est-elle une stratégie qui favorise l’apprentissage des étudiants en éducation physique? Je crois personnellement que le constructivisme est une stratégie efficace à utiliser pour aider le développement de l'apprenant dans sa globalité.
Définition de l'éducation physique
L'éducation physique est un champ d'études et une profession qui participent au développement de la personne par la mise en œuvre de pratiques corporelles et des connaissances s'y rattachant, dans le but de contribuer à son éducation fondamentale, à sa santé et à sa qualité de vie dans tous les milieux et pour toute sa vie (Impulsion, 1994).

Définition du constructivisme

Selon le grand dictionnaire terminologique, le constructivisme est une approche axée sur le rôle actif de l’apprenant dans la construction de ses connaissances à partir de ses perceptions de son expérience et de ses connaissances antérieures. Dans une approche constructiviste, tout processus de construction de connaissances est étroitement lié au contexte dans lequel se déroule l’apprentissage.
M. Edgar Schils vulgarise le constructiviste de cette façon : « Pour résumer et caricaturer, je dirais qu'il s'agit bien de "construire" ou même "faire construire par les élèves plutôt que "d'arroser" simplement les petites plantes qui nous sont confiées ».
Pour en savoir plus sur l'ancrage historique et le développement des courants de pensée de l'apprentissage, cliquez sur ce lien ?

Le rôle de l’enseignant dans une visée constructiviste

L’enseignant en éducation physique doit avoir confiance dans la capacité de l’élève à découvrir des concepts des principes ou des règles de jeu. L’enseignant tient le rôle de stimulus. C’est le précurseur des activités d’intégration émises en classe. Dans un premier temps, l’enseignant doit choisir les problèmes à présenter aux étudiants comme le démontre cette assertion : « the teacher must also decide what tactics or learning activities will stimulate students to begin using critical thinking strategies. » (Greenockle, Karin M. et Parios,1995). De ce fait, l’intervenant développe et présente un problème moteur ou cognitif qui défie les élèves à trouver une ou plusieurs solutions. Cependant, les activités proposées ne doivent pas amener au découragement, mais bien amener l'élève à évoluer dans son cheminement. De plus, l’enseignant doit s’acquitter de la tâche de vérifier la compréhension de ses élèves et de les évaluer.

L’étudiant dans une visée constructiviste

L’étudiant est considéré comme étant un sujet en quête de connaissances. L’étudiant est un être actif, libre et responsable qui construit son propre apprentissage et, par extension sa vie. Le constructivisme vise le développement de l’esprit critique, et, par le fait même, stimule le développement cognitif tout en insistant sur la quête de connaissances. Dans cette veine, la connaissance n’est pas une description de la réalité, mais plutôt une représentation construite. Le constructivisme a comme objectif le développement de l’autonomie, c’est-à-dire, l’efficience à formuler ses propres idées, et ce, dans un climat de respect d’autrui et de partage. L’étudiant doit apprendre à s’exprimer, ce qui va certes, lui apporter une grande liberté.

Le constructivisme en éducation physique

Depuis plusieurs années au Québec, le modèle béhavioriste a eu beaucoup d’influence dans le style d’enseignement, et ce, particulièrement en éducation physique. Le béhaviorisme étant une stratégie par imitation où l'apprenant reproduit ce que l'enseignant exécute. Comment le constructiviste peut-il améliorer l'apprentissage comparativement à la visée béhavioriste en éducation physique?
Voici deux raisons pour lesquelles je crois que l'intégration des stratégies de type constructiviste vont aider au développement de l'apprenant.

Justification #1

Un meilleur développement cognitif est favorable en éducation physique, car il est à la base de l’apprentissage moteur. L’apprentissage moteur implique une composante cognitive dont l’analyse d’informations qui exige une pensée critique. Au début du processus d’apprentissage moteur, la composante cognitive de l’apprenant joue un grand rôle. L’apprenant doit être capable d’analyser les schèmes de mouvement requis, (…) de prédire les conséquences de son geste et d’évaluer l’efficacité de son geste dans le cadre de performances futures (Gerney, 1993).
Puisque le constructivisme se base par définition sur une construction des connaissances et d’aptitudes et non seulement sur une reproduction, les processus cognitifs de l’élève doivent être sollicités. Il est important pour l’étudiant de pouvoir transposer l’information. L’étudiant doit être capable de comprendre ce que l’enseignant lui demande, de comparer les demandes avec un bagage de connaissances appris, de ce faire une représentation mentale du mouvement, et d’être sensible à ses perceptions kinesthésiques lors de l’exécution. Au contraire, dans une stratégie par imitation (béhaviorisme) l’étudiant est relégué à un rôle d’automate et par extension limite son développement. Donc, le développement cognitif de l’élève est important, car il permet à l’apprenant d’utiliser des compréhensions existantes et des habilités motrices acquises pour se faire une représentation construite de la tâche.
Le développement cognitif en éducation physique permet une plus grande capacité d’adaptation aux imprévus. Le développement cognitif en éducation physique « … encourage l’exploration de différentes combinaisons… (d’actions motrices) (Boisvert, 1997). Cette exploration encourage l’élève à transposer différentes techniques et/ou tactiques à différentes situations motrices et sportives. Conséquemment, lors de pratique d’activités sportives, l’élève est plus apte à faire face aux situations surprises et imprévues. Une plus grande capacité d’adaptation aux imprévus fait preuve d’un grand répertoire de combinaisons motrices technico-tactiques. L’étudiant est alors plus polyvalent et plus stable dans ses performances.

Justification # 2

De plus, en favorisant l’élève à construire sa propre connaissance, l’enseignement va par le fait même rendre l’élève plus actif dans son développement. En ce sens, ce paradigme permet à l’étudiant d’acquérir une grande liberté par le biais du développement de l’autonomie. Créer des obstacles, engendrer des conflits dans divers mouvements reliés à la pratique sportive, va susciter de l’intérêt chez les étudiants.
De plus, si on ajoute la consonance social, socioconstructivisme, l'étudiant évoluera en concomitance avec ses pairs, donc ce se développera sur le plan social. Par exemple, pour parvenir à résoudre des conflits, les élèves vont devoir discuter avec leurs pairs. Cette transmission ou échange d’idée, favorisera l’acquisition de nouvelles connaissances. Ce gain évoluera au fur et à mesure que l’élève sera confronté à de nouveaux problèmes imposés par le professeur. Tout ce cheminement permettra aux étudiants de devenir des sujets autonomes.
De ce fait, un élève qui recevra une éducation par un enseignant qui utilise la stratégie constructiviste aura, par le développement de son autonomie, la capacité de déterminer librement son cheminement intellectuel. En ayant un contrôle sur lui-même, l’étudiant développera des qualités morales, telles la confiance en soi, une bonne estime de soi et une grande ouverture d’esprit, ce qui faciliteront les relations avec les pairs. De plus, la formation des groupes pour parvenir à un progrès du savoir est un avantage puisque « … les élèves développent leur sens des responsabilités et qu’ils comprennent mieux le processus d’apprentissage en éducation physique » (Boisvert, 1997). En somme, l’étudiant deviendra un sujet autonome par son implication, son engagement, sa structuration et organisation de ses compréhensions, ses expériences et son adaptation. Ceci l’amènera vers une plus grande liberté dans son processus de développement. Erns Von Glasersfeld affirme que la pensée constructiviste mène inévitablement à l'affirmation que l'être humain - et l'être humain seulement - est responsable de sa pensée, de sa connaissance, et donc de ce qu'il fait.


Sommes-nous prêts en tant qu’enseignant a utilisé la stratégie constructiviste?

Le constructiviste est en théorie une stratégie pour ma part exceptionnelle pour le développement et l’épanouissement de l’apprenant. Cependant, le système éducationnel, tel que représenter actuellement, est-il prêt à imbriquer la visée constructiviste dans ses choix? En effet, ce type d’enseignement se forge par découverte, les élèves doivent chercher, créer, comparer, discuter de leurs idées pour parvenir à la solution. Cependant, cette quête de connaissances ne s’effectue guère sans heurts. Le temps accordé à l’acquisition de la nouvelle tâche technique ne se concrétise pas de façon immédiate. En effet, beaucoup de facteurs peuvent interagir quant à la durée de la leçon qui demande un effort de recherche de la part des étudiants. Alors le temps de leçon peut facilement diverger d’un contenu à l’autre, tout dépendant de la rapidité des élèves. De surcroît, on retrouve dans le mémoire d’Éric Dionne ces principales critiques face à l’application du constructiviste dans les écoles québécoise : « manque de formation des enseignants, contexte scolaire peu propice aux changements didactiques, évaluations peu cohérente avec la démarche d’apprentissage. La somme de ces facteurs fait en sorte que les enseignant(e)s n’ont pas tous les outils et toutes les facilités afin de procéder avec efficacité aux changements proposés par le ministère de l’éducation. »

En conclusion, je vous laisse sur ces paroles de Marie-Françoise Legendre : l’enseignant compétent n’est pas celui qui applique des recettes mais celui qui résout les problèmes à l’aide de savoir variés dont il dispose.


BIBLIOGRAPHIE

1. Boileau, Roger et al. L’avenir de l’Éducation Physique, Impulsion, 1994.
2. Boisvert, Jacques. Pensée Critique et Enseignement. Regroupement des Collèges Performa-Canada, 1997.
3. Dionne, Éric. État de l'application du constructivisme en sciences physiques 416-436 dans une commission scolaire québécoise. Faculté des sciences de l'éducation. Université de Montréal.2000.

4. Gerney, Philipp E. Teaching Critical Thinking: A Practical Approach. AAHPERD, USA, 1993.

5. Greenockle, Karin M. et Parios, G.T. Redesigning a secondary School Wellness Unit using the Critical Thinking Model. Joperd, USA, aoft 1995.

6. Joannert P. et Masciotra. Constructivisme: Choix contemporains. Presse de l'université du Québec. Québec. 2004.

7. Schwager, S. et Labate, C. Teaching for Critical Thinking in Physical Education. Journal of Physical Education, May-June 1993.

8. Dictionnaire, Le Petit Larousse illustré, 1995.

9. Ancrage historique et développement des courants de pensée de l'apprentissage (année inconnue) (consulté le 13 mars 2006) http://wwwens.uqac.ca/~pninier/act1/graph1.htm.

10. Office québécoise de la langue française (2004) . Le grand dictionnaire terminologique, (consulté le 5 mars 2006). http://granddictionnaire.com

11. Legendre, M. (date inconnue) (consulté le 7 mars)
http://www.mels.gouv.qc.ca/reforme/boite%5Foutils/socioconst.ppt#276,25,Slide 25

12. Constructivisme. (date inconnue) (consulté le 7 mars) http://www.tic22.net/PEDAGOGIE/CONSTRUCTIVISME/constructivisme.html











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